Kabaré

Île volcan qui s’égrène en villes saintes,

Entre oratoires, marche du feu, appel à la prière,

Depuis les hauts jusqu’aux vagues indiennes,

Sous les alizés, chants volatiles, craquement de bambous

Île volcan, où se dresse le silence des plantations,

D’une vallée secrète, l’ombre de la Chapelle pointue,

L’écho des cirques refuges, le maloya dans les varangues,

Cascade de domaines, cases, tôles,

Île volcan, où s’illumine la couronne des pitons,

Le repli des bassins, la plage noire, la nuit fournaise,

Forêt de nuages, fougères et bois de rose,

Sous la garde du ressacs, des requins bouledogues, du marron devenu oiseau

Île volcan, où dansent le Dieu-singe, la fête cafre,

Les zoreilles de passage, pattes jaunes, hanches zarabes,

Ce chemin vers Cilaos, le ventre du margouillat, les mangues dans le cyclone

Nos yeux ivres de verts, bleus, de lave, walali walala…

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