Lumen

Lumen

J’ai croisé le regard d’une enfance oubliée

Qui écoulait les jours à la bougie du rêve

S’évadant des litanies d’un Christ-sorcier

 

D’une voix portée comme un flambeau

Elle chantait jusqu’à fondre la solitude

Apprivoisant la compagnie des ombres

 

Le souffle suspendu sur des rhapsodies

Qu’elle vous berçait de toute son âme

Jusqu’à incarner cette profonde lumière

Imago

Imago

Posé sur cette feuille, un cocon martyr

Le cafard s’y déhanche, incapable de fuir

Des sentiments vains qui ne font mouche

Dans ses bras seul un phasme se couche

 

Parader avec une Belle-Dame l’a ému

Depuis la phalène ne papillonne plus

L’abdomen crispé au cœur trop tendre

D’un battement d’aile dut se méprendre

 

Ce spécimen provient des doux-rêveurs

Grand monarque aux nymphes humeurs

Chenillant d’un espoir bien chimérique

Convoler avec elle jusqu’aux Amériques

Chant de l’aube & Danse du crépuscule

Chant de l’aube & Danse du crépuscule

CHANTER l’AUBE

Il est si tard

Cher petit monde

Pour peindre tes manies

Ta laideur ou tes beaux jours

Même emporté par une musique sacrée

 

En cette nuit claire

Compagne d’insomnie

J’écrirai donc à cette Lune

Qui perce l’ombre des nuages

Au reflet d’un soleil toujours vaillant

 

Dans l’hiver nu

Entourant mes mots

Je danserai comme l’Intore

Au son des maîtres-tambours

Juste animé par une faim de vivre

 

A l’aube tranquille

Des étoiles assoupies

Je finirai alors par chanter

Avec ce cœur qui bat l’instant

Jusqu’à pouvoir m’endormir léger

 

LA DANSE DU CREPUSCULE

 

Monde ogre

Qui nous vomit

Chaque jour j’écrirai

Tes travers et tes beautés

Millénaires, au son de mille calvaires

 

Chaque jour je vois

Des étoiles saigner

Et chaque jour je croise

Des astres errants

D’une erreur faste à une autre

 

L’air épais du soir

Porte quelques notes

De cris cachés dans le noir

Qui fredonnent des refrains solitaires

En écho au vent du Nord

 

Alors on danse encore

Au crépuscule sous nuage

A l’aube grise sans amour

Malgré l’air funeste, pour nos foudres perdues

Pour honorer le silence de nos tambours percés

 

La Danse du crépuscule est un poème écrit par l’ami Mbewane – https://mbewane.wordpress.com/ – qui a joué le jeu de « répondre » à Chant de l’aube. Merci à lui pour cet autre regard posé sur la présence au monde aux petites heures…

Les mots doudous

Les mots doudous

Ces yeux amandes me ravirent

Depuis l’aube incertaine

Qui éveilla ton regard

 

Au murmure d’un pleur

J’ai soufflé les aventures

Pour charmer tes paupières

 

Autant de rires aux larmes

Plongés dans mes bras

Où berce encore ton coeur

 

Comme le vieux doudou

Héros de tes jeux d’ombre

Sous un soleil complice

 

Ces souvenirs gravés

A la tendre enfance

Sont à jamais pour toi

 

Ô Dieu

Ô Dieu
La peur en sacre
D’odieux desseins
Aux pieux massacres
Priez sans cœur assassins
Cette foi à double-tranchant
Qui laissera vos âmes en lambeaux
La lâcheté des actes convertit seul le néant
Ni Dieu ou paradis pour vous élèver des tombeaux
Si aujourd’hui des larmes coulent sur les corps innocents
D’une guerre ceinte par ces fous perdus au jeu des puissants
La liberté a de plus fervents croyants, une armée d’espoirs ardents

Le fétiche colonial

Le fétiche colonial

Au bout des étangs se dresse l’étrange totem

Appendice d’une épopée aux méandres infinis

De cette conquête habillée en robes blanches

Demeure bien silencieuse une femme-trophée

Visage clos en souvenir des mémoires officielles

 

A l’aune des arbres sentinelles encerclant l’oubli

Des promeneurs d’un siècle de douleur écoulée

Là au cœur des ténèbres du fantasme exotique

De vies sacrifiées au loin des allées cossues

Bordant ce sceau impassible de leur abondance

 

Que raconte aujourd’hui ta pierre en sommeil

Sur la gloire obsolète d’aventureux pionniers

Quel fétiche adresses-tu au peuple meurtri

De l’étoile d’or qui s’est nourrie de ses corps

Dont les enfants versent toujours le tribut