Des yeux orphelins fuient les champs de Meuse

Au son des bottes, le vol des pommes en terre

Le regard bleu, perdu comme ce premier amour

Sous la pluie meurtrière, passe entre les mailles

Au port altier défile la précoce mélancolie

Promène ses ballerines et boucles en Senne

Un sourire du panama à l’espiègle mousseline

Valse pour cinquante ans, le destin en cabas

Une rondeur se hisse sur les talons

Robe blanche pour l’alliance pressée

Claire en arrière-boutique, la mère esquisse

Des dames fécondes, la princesse italienne

Foulard à la côte d’azur, hiver en zibeline

S’habille aux regrets d’un coureur de jupon

Sous les pleurs sylvestres, la traine de nuit

S’endort chiffonnée, le cœur à l’envers

La fibre s’en est allée

Plus de maman, ni doublure

Seul l’alcool habille ses tristesses

Le regard absent, les silences irréversibles

Ajusté à ton siège, l’esprit chagrin

La chemise de soie, tes cheveux d’argent

Entre la toison d’or et la rue des drapiers

Avec cette élégance décousue, tu me souriais

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